mardi 28 octobre 2014

Se servir de sa tête: écouter la question et y répondre

Ce sujet ressemblera à de la tautologie intellectuelle, mais je crois que je peux commencer avec cet aspect de la pensée humaine. Concentrons la réflexion sur ce qui entoure l'écoute, car on pourrait facilement s'égarer de la cible. Voici une petite introduction théâtrale :
« ...Oh c'est bien, et de quel quartier de Sherbrooke venez-vous?
-Je suis arrivé par le car et le voyage était exténuant mais j'ai...
« Mais je veux dire à Sherbrooke, étais-ce dans le centre, près de l'ancien chemin de fer ou alors?
-Non, non, je suis Canadien, j'ai mon passeport et ai reçu la citoyenneté en ...
« Vous êtes parti de quel endroit, à Sherbrooke? Je connais un peu car j'y suis déjà allé parce que je faisais du ski au mont Orford.
-Non, non! Mais c'est que le voyage a duré plus d'une journée entière, en plus il n'y avait pas le WIFI! Écoutes, je te répète que j'habite à Sherbrooke, dans les Cantons de l'est!

Notre voyageur est sans doute fatigué et a envie de terminer cette discussion pour se reposer l'esprit. Par contre, il en a beaucoup en tête et vit une expérience de voyage forte en sensations diverses. Il n'a jamais écouté la question, aussi simple soit elle!
Pour espérer faire un progrès social, entre humains, il faudrait se donner la chance d'un sain échange de pensées, via la conversation. Les raisons peuvent être plurielles, soit on veut être bref, soit on veut aller plus dans les détails et ainsi en apprendre plus sur la personne, sur l'endroit d'où elle vient.
Plusieurs bonnes gens croient en un phénomène que nous appellerons la « diplomatie sociale ». Selon cette pratique, l'information véhiculée lors d'une discussion n'a pas autant d'intérêt que l'établissement d'une relation de respect entre les interlocuteurs.
Cette "sociologie de la conversation" nécessite une concentration considérable, une perte d'énergie et de focus malsain. Ce phénomène est même arriéré et mérite un jetage à la poubelle. Quand on pose une question, la formulation est simple et la réponse, claire et nette. L'interlocuteur doit éviter toute référence externe au sujet de l'interrogation, laisser de côté son statut social et simplement répondre de la façon la plus précise possible.
L'interlocuteur peut décider de ne pas dévoiler certains détails concernant le sujet de la question, alors qu'il se la ferme. Les pertes de temps ne sont bonnes pour personne. Écrivez des poèmes si vous le voulez, mais laissez les idées simples se véhiculer d'elles mêmes, vous en serez certes récompensés. Vous allez peut-être même apprendre des choses que vous souhaitiez, étant donné que la conversation est simple et que les idées progressent allègrement.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire